Les villes de refuge

LES VILLES DE REFUGE

Josué 20:1-9

(Josué en Hébreux = Jésus en Grec)

« L’Eternel parla à Josué, et dit :
Parle aux enfants d’Israël, et dis : Etablissez-vous, comme je vous l’ai ordonné par Moïse, des villes de refuge,
Où pourra s’enfuir le meurtrier qui aura tué quelqu’un involontairement, sans intention ; elles vous serviront de refuge contre le vengeur du sang.

Le meurtrier s’enfuira vers l’une de ces villes, s’arrêtera à l’entrée de la porte de la ville, et exposera son cas aux anciens de cette ville ; ils le recueilleront auprès d’eux dans la ville, et lui donneront une demeure, afin qu’il habite avec eux.
Si le vengeur du sang le poursuit, ils ne livreront point le meurtrier entre ses mains ; car c’est sans le vouloir qu’il a tué son prochain, et sans avoir été auparavant son ennemi.

Il restera dans cette ville jusqu’à ce qu’il ait comparu devant l’assemblée pour être jugé, jusqu’à la mort du souverain sacrificateur alors en fonctions. A cette époque, le meurtrier s’en retournera et rentrera dans sa ville et dans sa maison, dans la ville d’où il s’était enfui.
Ils consacrèrent Kédesch, en Galilée, dans la montagne de Nephthali ; Sichem, dans la montagne d’Ephraïm ; et Kirjath-Arba, qui est Hébron, dans la montagne de Juda.

Et de l’autre côté du Jourdain, à l’orient de Jéricho, ils choisirent Betser, dans le désert, dans la plaine, dans la tribu de Ruben ; Ramoth, en Galaad, dans la tribu de Gad ; et Golan, en Basan, dans la tribu de Manassé.

Telles furent les villes désignées pour tous les enfants d’Israël et pour l’étranger en séjour au milieu d’eux, afin que celui qui aurait tué quelqu’un involontairement puisse s’y réfugier, et qu’il ne meure pas de la main du vengeur du sang avant d’avoir comparu devant l’assemblée. »

A) Introduction

Quand Dieu eut enlevé d’Egypte son peuple, il établit des lois pour réguler sa relation avec le peuple. Il y avait la « Loi du Talion » (Ex 21:23-25). Il s’est alors posé la question d’une personne qui en tuerait une autre par accident. Dieu créa donc, pour pallier à ce problème, les villes de refuge.

B) Que sont les villes de refuge ?

Les villes de refuge représentent dans un langage juridique un « habeas corpus » (lat.: « Que tu aies ton corps »). Elle met à l’abri d’une arrestation abusive le criminel involontare, non coupable, le temps de la vérification de son « innocence ».

Dans le cas d’un homicide, il appartenait au parent le plus proche du défunt d’appliquer la « loi du talion » et cela à n’importe quelle heure ou lieu, sauf dans les villes de refuge où le criminel pouvait se réfugier en attendant son jugement (No 35:11-12).

Les villes de refuge protégeaient les fils d’Israël comme les étrangers (No 35:15).

Ces 6 villes représentent les qualités intrinsèques de la personne de JESUS-CHRIST (Jo 6:37).

Jésus est notre sauveur de la mort (Jn 5:24).

C) Les lieux et significations de ces villes

Elles étaient 6 villes, 3 à l’orient et 3 à l’Occident de chaque côté du Jourdain.

Ces villes faisaient partie de l’héritage des 48 villes des Lévites (No 35:6).

Moises désigna 3 villes: Betser, Ramoth et Golan (De 4:41-43); Josué désigna les 3 autres: Kédesch, Sichem, Hébron (De 19:2-9 / Js 20:8).

1) Betser (Forteresse): apparaît 5 fois dans la Bible; En sortant d’Egypte pour Canaan, après le territoire de Moab, Betser est la première ville que l’on voit.

Jésus, ici, est représenté comme notre forteresse et la porte d’entrée pour ceux qui quittent l’Egypte (Ps 18:2; 27:1; 37:39; 46:1; 118:20 / Jn 10:7-9).

2) Ramoth (Lieu élevé): c’était l’une des villes les plus fortifiées des Gadites. Jésus est ici notre « Ramoth » élevé, exalté à la droite du Père; Paul nous dit dans Ph 2:9-11: « C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a accordé le nom qui est au-dessus de tout nom, pour qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur à la gloire de Dieu, le Père. »

Quand le pécheur s’approche de Jésus, notre  » Ramoth spirituel « , il est automatiquement élevé avec Lui (Ep 2:5-6).

3) Golan (Exile) à Basan (Fameux pour sa fertilité): l’eau qui descend de l’Hermon (2814m) coule au Golan. Terre de Manasses  –  Jésus est ici celui qui a payé le prix du rejet pour faire de nous les habitants du ciel (retour à l’Eden). Il fut rejeté par le monde (Jn 1:10), par les siens (Jn 1:11), par son pays (Mc 6:4), sa propre ville (Lu 4:29), sa famille (Jn 7:5) et par ses disciples (Mc 14:71).

4) Kédesch (Sanctuaire): région de la Galilée, Neftali (nord). Jésus est ici le Saint, refuge pour les impurs (Ap 3:7), exigence de Dieu pour ses fidèles (1 Pi 1:16 / Rm 12:1).

Même les étrangers, considérés impurs, pouvaient avoir droit à la protection des villes de refuge (Ex 12:43-48).

5) Sichem (Epaule): Première ville citée dans la Genèse (Ge 12:6). Se situe près du mont Garizim, dans la montagne d’Ephraïm, au nord de Jérusalem. C’est une ville plantée dans une vallée très fertile. c’est près de Sichem que Jacob enterra toutes les idoles de sa maison, avant d’aller à Béthel (Ge 35:1-4). Les épaules supportent les fardeaux (Mt 23:4 / Ps 81:7) et sont rebelles (Né 9:29).

Jésus est ici celui qui a la domination, la souveraineté, la principauté sur ses épaules (Es 9:5).

Il est le Prince de la vie (Ac 3:15), le Prince sauveur (Ac 5:31), le Prince du salut (Hé 2:10), le Prince des rois de la terre (Ap 1:5).

A Sichem, nous prenons la victoire sur toutes les principautés et autorités des ténèbres (Ep 6:12), nous sommes sous la protection de l’Eternel (De 33:12).

6) Hébron (Union): se prononce « HEE bruhn » et signifie à l’origine « Alliance ». Ancienne Kirjath-Arba(= Tetrapolis). Ville de Arba, un géant (Jos 14:15). La plus élevée des villes de la Palestine (927m), c’est l’une des 4 villes saintes des musulmans (sous le nom de «EL KALIL» = L’Amie), à 36km au sud de Jérusalem, dans les montagnes de Juda. Elle fut construite en 1720 avant J.C. (No 13:22). Il y a 69 ref. bibliques sur cette ville.

Jésus est ici le meilleur ami et l’Union sacrée des amis et frères en Christ (Jn 15:13-15 / Ps 27:10; 133:1).
Jésus est notre nouvelle alliance avec Dieu le Père.

D) Sécurité dans la Ville

En choisissant des villes de refuge, Dieu ne voulait pas seulement protéger un fugitif, mais aussi donner la sécurité à un meurtrier involontaire. Jésus est beaucoup plus que ces villes, il est le refuge des coupables.

E) Conditions pour avoir accès à la protection des villes

Toute personne pouvait demander exile, y compris l’étranger. A condition d’être un « meurtrier involontaire ».  Il fallait aussi faire l’effort d’arriver jusqu’à l’une de ces villes. Les routes étaient faites et tous connaissaient le lieu et le nom des villes de refuges (De 19:3).
Pour le salut, nous savons que Jésus est le chemin, le Calvaire en est l’adresse, le sang de Jésus est notre protection.

Les lévites qui administraient ces villes ne donnaient refuge et sécurité que sous certaines conditions qui devaient être respectées avant, pendant et après l’exile:

1) La confession: Le fugitif devait confesser sa faute devant les anciens de la ville avant de bénéficier de sa sécurité (Jos 20:4),
2) La réclusion: Une fois dans la ville, le fugitif devait avoir une vie de reclus et ne jamais en sortir, sous peine d’être pris et mis à mort par le vengeur. Nous ne devons plus retourner au monde et à nos vieilles oeuvres (Ep 5:1-8).
3) Le jugement: Il devait accepter d’être jugé ultérieurement (No 35.:24 / 1Jn 2:1).
Nous recevons les bienfaits de la miséricorde et  de la grâce de Dieu, mais devons nous soumettre à sa loi complète (2S 22:3 / Hé 6:18 / Ps 91:2,4,9,14 / Ro 6:18; 8:1 / Ga 3:13; 5:1 / Ep 5:1-8).

F) La durée du refuge

Le fugitif ne pouvait pas racheter sa liberté par l’argent; car, même accidentellement, il avait enlevé une vie, et le prix à payer était celui du sang. Le salaire du péché est la mort,  et seul le don de Dieu peut nous donner la vie (Ro 6:23).

G) La liberté du réfugié conditionnée à la vie du Grand Prêtre

Il est important d’observer que la vie et la liberté du réfugié devenaient une avec celle du grand prêtre  de la ville. A  la mort du grand prêtre, le fugitif retrouvait sa liberté totale: une vie payait le prix d’une vie.

Jésus est notre Souverain Sacrificateur et par sa mort, il nous a affranchi de notre condamnation (Hé 4:14-16; 9:11-14; 10:19-22, 26-31).

H) Conclusion:  2 aspects à retenir

1) Les villes de refuge étaient le seul moyen d’échapper à la mort; Jésus est le seul refuge pour le pécheur qui veut échapper à la condamnation de son péché (Ro 7:11).

2) Seule la mort du sacrificateur pouvait redonner la vie au fugitif; L’homme ne peut être sauvé que par la mort de Jésus-Christ (1Jn 2:2).