Interview de Joël Andres

Bonjour  Joël Andres

Nous vous remercions aujourd’hui pour votre présence à «Corse, Jésus t’Aime» et d’accepter cet entretien qui sera diffusé sur le site de notre Eglise, ainsi qu’à l’émission radiophonique « Regard Evangélique » sur RCF.

Pour toutes les personnes qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? (présentation personnelle)

J’ai 45 ans, je suis marié avec une charmante dame du Gabon, Jolie, et nous avons une petite fille de 15 mois prénommée Esther. Je suis né dans une famille chrétienne et de musiciens. Le premier instrument que je voulais faire c’était la trompette, mais comme je suis asthmatique de naissance, le docteur a dit non et du coup j’ai choisi le piano. J’ai donc commencé le piano à neuf ans, à jouer à l’Eglise à quatorze ans, après avoir pris des cours particuliers de piano et fait le conservatoire pour le solfège. J’ai toujours eu une jolie voix d’enfant lorsque j’étais jeune et lorsque ma voix a commencé à devenir plus mature, j’ai commencé à chanter dans l’Eglise et à conduire les cultes. C’était une Eglise qui avait soif d’un renouveau dans la louange, dans les années 85, mes Pasteurs ont rencontré un Pasteur de la louange en Angleterre et de cette relation sont nés des séminaires de formation à la louange et du coup j’ai été très vite au bénéfice de plein de ministères français, Anglophones, Américains, etc. C’est comme ça que j’ai progressé dans le piano, dans le chant et puis aussi dans le service pour Dieu à l’Eglise. J’habite maintenant en région parisienne depuis douze ans, je suis rattaché à une Eglise qui s’appelle « le Centre Evangélique Protestant Paris-Est » à Fontenay-sous-Bois.

Quel a été votre parcours ? Comment êtes-vous devenu un musicien chrétien ?

En fait j’ai toujours été musicien chrétien. C’est la femme du Pasteur qui est venue me voir parce qu’il n’y avait pas de musicien. J’ai accepté dès le départ, mais franchement je n’y avais jamais pensé, et au fil du temps les choses sont devenues évidentes. Je n’ai mis que très peu mon art au service du monde, je le fais par le biais de l’évangélisation, un peu comme on a fait ce week-end.  Je pense qu’il y avait des personnes qui ne connaissaient pas le Seigneur. Je ne critique pas les gens qui le font parce qu’il y a des gens dont c’est le métier d’être choriste, d’être musicien, je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas faire ça, c’est juste que moi ce n’est pas le chemin que Dieu m’a demandé de suivre, et tout ce que je fais je veux le faire pour Dieu.

Pourriez-vous nous parler de « la maison des parfums de Paris » et de « France en Feu » ?

La Maison des Parfums est une maison de prière à Paris, dédiée à la louange et à l’intercession prophétique

Les deux choses sont très liées. J’en ai un peu parlé samedi matin, on a été interpelé par une prophétie que l’on trouve dans Amos chapitre 9 verset 11 qui dit : « En ce jour-là, je relèverai de sa chute la tente de David, J’en réparerai les brèches, je l’a rendrai comme elle était autrefois ». Ce qui a caractérisé le règne de David, c’est qu’il avait instauré un service de la présence de Dieu avec des sacrificateurs qui le louaient 24h/24 et 7j/7, et aussi cette vision de 1 Rois 18 où Elie est sur la montagne devant le peuple, où il y a beaucoup de prophètes de baal et d’astarté. Il rassemble 12 pierres qui représentent toutes les tribus, il creuse un fossé autour et met beaucoup d’eau. Il met un sacrifice et au moment où il prie le feu tombe du ciel et consume le sacrifice et toutes les pierres. Donc on a travaillé sur cette question et dans la symbolique le passage dit bien qui représente les 12 pierres ; donc au départ on essaye de rassembler l’Eglise avec une grand E, quel que soit son nom, tous ceux qui se réclament de Jésus-Christ et avec lesquels nous pouvons partager une même confession de foi, nous rassembler pour creuser un fossé, sans parler de creuser la terrec’est-à dire de prier, de creuser l’histoire. Notre nation de France a fait des choses dans le passé qui ne sont pas très belles et qui aujourd’hui encore nous impactent dans notre vie : le passé colonialiste, l’esclavagisme. Tout ça a encore aujourd’hui des retentissements, alors que ça s’est passé il y a des siècles, dans les relations qu’il y a entre certaines communautés. Donc creuser la terre, verser de l’eau, la repentance, nos larmes, le sacrifice.  Le sacrifice il n’y en a qu’un seul, c’est celui de Jésus qui est suffisant, mais nous faisons aussi des sacrifices de louange. Paul dit : « offrez sans cesse des sacrifices de louange ». Aujourd’hui notre part à donner, c’est le fruit de nos lèvres qui confessent le nom de Jésus par le témoignage, mais aussi par la louange et on s’attend à ce que le feu tombe là-dessus. Du coup on s’est dit, on va se rassembler dans plusieurs Eglises, plusieurs groupes de louange, on va se réunir  pour louer Dieu, pour élever le sacrifice de Jésus et pour prier pour la France, pour prier pour Paris, pour les sujets que Dieu nous met à cœur, pour Israël ; maintenant il y aura la Corse sur mon cœur et je m’attends à ce que le feu du ciel descende. Au départ c’était Paris en feu, un samedi par mois pendant 12 heures, on a fait 3 fois 24 heures non stop, on se relaye, il y a des groupes de louange différents pour louer et pour adorer Dieu, pour prier pour la ville, pour le président, les ministres. A Paris on a une grande responsabilité, puisque les pouvoirs sont à Paris. On se posait toujours la question de savoir comment nous allions passer d’un samedi par mois à 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ! Un gouffre entre les deux, et la maison de prières est une réponse. Dans notre modernité d’aujourd’hui comment vivre une louange, une adoration et une prière permanente ? Nous on a choisi un lieu consacré pour ça, il s’agit de notre maison de parfum à Paris. Notre vision est nous relayer les uns les autres pour louer, adorer Dieu et prier. Depuis Paris on veut que le parfum en permanence monte vers le ciel. Et si vous regardez dans l’Apocalypse 5, les vieillards qui se prosternent devant le trône de Dieu ont des harpes qui symbolisent la musique et des coupes d’or remplies des prières des saints. La prière et la musique, donc la louange, sont devant le trône ensemble, donc du coup nous ne faisons pas de séparation entre la louange et l’adoration, et la prière ou l’intercession. Ces choses là ne sont pas dissociées, ça va ensemble. Dans mon cœur c’est de dire que s’il y a une coupe (la coupe de Paris dans le ciel), je voudrais que le jour où cette coupe va être versée sur la terre, c’est ce qui va se passer, que ce soit un torrent de prières qui tombent. A nous Eglises de France de remplir les coupes des cieux avec les coupes qui nous sont réservées avec nos prières. C’est ça la vision de France en Feu et des maisons de prières.

Quels sentiments avez-vous eu sur la Corse, sur l’Eglise BETH-EL durant ce week–end passé avec nous ? Ainsi que sur Corse Jésus t’aime que nous avons vécu ensemble ?

Je tiens à préciser que c’est la première fois que je viens en Corse. Forcément, depuis le continent on entend souvent parler de la Corse, et on peut en avoir une mauvaise image. En tant que chrétiens nous ne sommes  pas appelés à avoir ce genre de choses et moi je fais abstraction de ces choses et je trouve que l’ile de beauté porte bien son nom. C’est vrai que cette île est magnifique ; j’ai survolé les montagnes qui sont plus majestueuses que ce que j’avais pu imaginer et j’ai trouvé les gens très accueillants. Je pense qu’il y a une forte culture locale qu’il faut apprendre à respecter. Si on ne la respecte pas, on braque les gens, c’est ce qui doit se passer avec les gens du continent ; c’est qu’il faut accepter les gens dans leur culture et les respecter. C’est ce que j’ai essayé de faire et j’espère y avoir réussi avec succès. J’ai essayé d’apprendre un mot en corse « Bona sera a tutti ». Peut-être la prochaine fois j’apprendrai une chanson, vu que je chante en portugais, alors que je ne suis pas Portugais.

Je trouve qu’on a passé un super temps. Je ne pense pas qu’il y a une méfiance de la part des Corses, comme beaucoup de peuples vous êtes prêts à accueillir, mais vous êtes prudents. Moi j’ai senti cette prudence, ce qui fait qu’au fil du temps, j’ai trouvé que finalement le cœur s’est complètement ouvert au fil des réunions. On ne connait pas, on se demande ce qu’il va se passer, et je pense qu’il y a une prudence et je trouve que c’est bien d’une certaine manière. C’est-à-dire que vous n’allez pas vous jeter dans n’importe quoi, vous attendez de voir et une fois que vous êtes conquis dans le cœur et c’est ce qui me semble et que je ressens maintenant, c’est que le cœur est acquis. On est dans une relation et cette dernière réunion que nous avons eue ensemble, il n’y avait plus besoin de dire « Chantez au Seigneur ». Il n’y a plus besoin qu’on vous sollicite, d’abord le Seigneur nous a visités ce qui forcément a réjouit nos cœurs, et ça donne envie de le louer, mais  en plus je sentais que tout le monde s’est ouvert, que ça chantait à pleins poumons, il n’y avait plus cette timidité, cette retenue du départ. Moi je dis : restez comme vous êtes, Dieu vous a créés comme ça, que la Corse reçoive l’Evangile, et ne soit pas fermée.

Pour terminer cet entretien, pouvez-vous nous donner un message pour la Corse, pour tous les gens qui vous liront sur internet et pour ceux qui vous écouteront à la radio.

Napoléon est venu de Corse, il y a de bonnes choses qui viennent de Corse, et je pense que Dieu a béni cette terre. Souvent le diable pervertit les bonnes choses que Dieu a données au peuple. A mon sens, il faut que la Corse retrouve en Jésus le bon héritage, les bénédictions dont la France a besoin et dont le monde a besoin. Si Napoléon est venu de France et a pu participer  au rayonnement de la France internationale, il me semble qu’il y a des choses bonnes qui doivent venir aussi de Corse pour bénir le continent. Vous avez reçu quelque chose dans le chant, on a des personnes connues dans le show business qui viennent de Corse. Il y a quelque chose dans le chant, et moi comme je suis chanteur et j’ai envie de dire « allez-y chantez le Seigneur, composez des chants ici en Corse, chantez, louez, adorez Dieu. J’ai pu constater qu’il y avait de très belles voix en Corse, mais il y a une retenue, une petite pudeur. On dit souvent qu’il y a une petite culture du secret en Corse. Je pense qu’il faut libérer les choses, le talent est là, il y a de la beauté, il y a de belles choses, il ne faut pas en avoir honte. On a tous besoin de vous…

Remerciements à Joël Andres.

Françoise P et Nadine B